01 - La peste noire - VIDEO

Collège de France (Histoire)

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Patrice Boucheron Collège de France Année 2020-2021 La peste noire « In medias res » (introduction générale) Résumé Le passage de la mort dans la vie d’une femme, à Marseille, en 1348 : c’est ainsi que commence le cours de cette année in medias res. On y parle d’expérience et de narration, dans la continuité des leçons données l’année dernière, mais aussi de deuil et de progrès scientifiques, présentant les principaux enjeux d’une histoire à la fois globale et sociale de la peste noire. Sommaire Quand l’événement est en cours, commencer « au milieu des choses » Marseille, août 1349 : Alayseta Paula devant son juge, « privée de tous ses proches, enceinte et affaiblie, continuellement remplie de chagrins et d’afflictions » La peste arrive à Marseille (Ole Jørgen Benedictow, The Black Death 1346-1353. The Complete History, 2004) « La terrible puanteur des morts » : une vision hallucinée de la peste noire, de Boccace à Antonin Artaud Résilience notariale et résistance sociale à Marseille, Perpignan et Bologne (Shona Kelly Wray, Communities and Crisis. Bologna during the Black Death, 2009) Alayseta Paula dans le portrait de groupe des travailleuses marseillaises (Francine Michaud, Earning Dignity. Labour Conditions and Relations during the Century of the Black Death in Marseille, 2016) Propter pestilentiam : l’écho amorti de la catastrophe dans la documentation publique (François Otchakovsky-Laurens, La vie politique à Marseille sous la domination angevine (1348-1385), 2017) Une société politique qui résiste et qui s’adapte (Daniel Lord Smail, « Accommodating plague in Medieval Marseille », Continuity and Change, 1996) Pandémie et pestis universalis : « la violente mortalité due à la peste envoie en ce moment atrocement ses flèches partout » (Elisabeth Carpentier, Une ville devant la peste. Orvieto et la peste noire de 1348, 1962, rééd. 1993) Anno mortalitatis terribilis proxime decurso : un nom barré et l’évidence de l’histoire Avril 2020, un historien envoie sur internet une carte postale vidéo sur la peste noire (Daniel Lord Smail, « A Life in the Black Death: The Inventory of Alayseta Paula (Marseille, 1348) ») Avril 2020, un autre historien envoie sur internet une autre carte postale vidéo sur la peste noire (Patrick Boucheron, « Propos de chercheur ») Coïncidences ou concordance des temps ? Prétendre tirer les leçons du passé, c’est se préparer à « penser en retard » (Marc Bloch) : Guillaume Lachenal et Gaël Thomas, « L’histoire immobile du coronavirus », Comment faire ?, 2020 Globaliser la peste noire (Monica Green dir., Pandemic Disease in the Medieval World. Rethinking the Black Death, 2014) et faire l’histoire de la santé globale (Monica Green, « Emerging diseases, re-ermerging histories », Centaurus, 2020) Le progrès historiographique par accumulation de savoirs : une histoire sociale et politique de la peste noire (Jean-Louis Biget, La grande peste noire, CD audio « De vive voix », 2001) Le progrès historiographique par révolution des paradigmes (Pierre Toubert, « La Peste noire (1348), entre histoire et biologie moléculaire », Journal des savants, 2016) Séquençage génomique et histoire environnementale : une histoire profonde de la peste noire est-elle possible ? (Daniel Lord Smail, Deep history and the Brain, 2008) Qui racontera cette histoire ? Retour sur Le conteur de Walter Benjamin (1936), lorsque se rompt la chaîne de « l’expérience qui suit son cours de bouche en bouche » Recommencer depuis Boccace et son « horrible commencement » (cours du 16 janvier 2018, « Boccace, le survivant et la tyrannie de la mort ») Freud le travail de l’histoire et le Trauerarbeit (Laurie Laufer, L’énigme du deuil, 2006) « La mort ne se laisse plus dénier ; on est forcé de croire en elle » (Sigmund Freud, « Considérations actuelles sur la guerre et la mort », 1915) Philippe Ariès et « l’humanité coutumière et résignée » d’avant 1914 (Stéphanie Sauget, « En finir avec le déni de mort ? Autour de Philippe Ariès », Sensibilités, 2020) Quand « l’ombre de l’objet est tombé sur le moi » (Sigmund Freud, « Deuil et mélancolie », 1917) L’effondrement mélancolique et l’épreuve de vérité.
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