02 - L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident - VIDEO

Collège de France (Histoire)

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Edhem Eldem Collège de France Histoire turque et ottomane L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident Année 2017-2018 Suite à l’introduction générale de la semaine précédente, cette première entrée en matière tente d’analyser la nature des premiers contacts entre les Ottomans et l’Europe, tout en soulignant qu’il ne s’agit pas à proprement dire d’une véritable découverte puisque les Ottomans ont, depuis le début, été en contact avec un monde occidental d’abord italien, puis de plus en plus français. La véritable différence, au XVIIIe siècle, tient à un changement sensible du rapport de forces entre les deux parties : tandis que les Ottomans, depuis la fin du XVIIe siècle, commencent à perdre prise, leurs interlocuteurs occidentaux, eux, se font de plus en plus puissants et, souvent, arrogants. Il s’agit donc d’une situation nouvelle qui force les Ottomans à revoir leur politique envers un Occident de plus en plus envahissant et menaçant, mais aussi de plus en plus attrayant et tentant par ses succès. Un rappel de l’hospitalité « empoisonnée » et de l’attitude hautaine de la diplomatie ottomane, toujours unilatérale et subtilement dévalorisante, permet de comprendre la base de l’isolationnisme ottoman qui sera progressivement entamé par un désir et une obligation croissants d’ouverture vers l’Occident. Encore une fois, il ne s’agit pas d’un revirement soudain qui ferait basculer la population ou l’élite dans une frénésie d’occidentalisation ; certains phénomènes, comme l’évolution de l’épitaphe funéraire, montrent bien que cette société se transforme et se modernise sans pour autant avoir à s’inspirer d’un modèle occidental. Il n’en est pas moins vrai que, dès les années 1720, on parvient à identifier une série d’événements qui, tout en restant superficiels, dénotent une curiosité croissante pour l’Europe : l’ambassade de Yirmisekiz Mehmed Çelebi (1720-1721) et celle de son fils Said Efendi (1741), les débuts timides de l’imprimerie du renégat İbrahim Müteferrika (1727-1742), les apports d’experts militaires occidentaux tels le comte de Bonneval (1730-1747) et le baron de Tott (1757-1763), les répercussions architecturales de l’adoption de formes baroques, comme dans le cas de la mosquée Nuruosmaniye (1748-1755), les premières représentations diplomatiques permanentes dans les principales capitales d’Europe, et nombre de publications techniques, tel le Traité du sextant de Feyzi Bey (1805). Un exemple se prête tout particulièrement à une lecture critique de la nature de cette nouvelle modernité, le Tableau des nouveaux règlements de l’Empire ottoman de Mahmud Raif Efendi (1798), publié au moment même où l’Empire se voyait confronté à un des événements les plus marquants et traumatisants de la période, l’expédition d’Égypte (1798), menée par un jeune général français du nom de Bonaparte.
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Edhem Eldem Collège de France Histoire turque et ottomane L'Empire ottoman et la Turquie face à l'Occident Année 2017-2018 Suite à l’introduction générale de la semaine précédente, cette première entrée en matière tente d’analyser la nature des premiers contacts entre les Ottomans et l’Europe, tout en soulignant qu’il ne s’agit pas à proprement dire d’une véritable découverte puisque les Ottomans ont, depuis le début, été en contact avec un monde occidental d’abord italien, puis de plus en plus français. La véritable différence, au XVIIIe siècle, tient à un changement sensible du rapport de forces entre les deux parties : tandis que les Ottomans, depuis la fin du XVIIe siècle, commencent à perdre prise, leurs interlocuteurs occidentaux, eux, se font de plus en plus puissants et, souvent, arrogants. Il s’agit donc d’une situation nouvelle qui force les Ottomans à revoir leur politique envers un Occident de plus en plus envahissant et menaçant, mais aussi de plus en plus attrayant et tentant par ses succès. Un rappel de l’hospitalité « empoisonnée » et de l’attitude hautaine de la diplomatie ottomane, toujours unilatérale et subtilement dévalorisante, permet de comprendre la base de l’isolationnisme ottoman qui sera progressivement entamé par un désir et une obligation croissants d’ouverture vers l’Occident. Encore une fois, il ne s’agit pas d’un revirement soudain qui ferait basculer la population ou l’élite dans une frénésie d’occidentalisation ; certains phénomènes, comme l’évolution de l’épitaphe funéraire, montrent bien que cette société se transforme et se modernise sans pour autant avoir à s’inspirer d’un modèle occidental. Il n’en est pas moins vrai que, dès les années 1720, on parvient à identifier une série d’événements qui, tout en restant superficiels, dénotent une curiosité croissante pour l’Europe : l’ambassade de Yirmisekiz Mehmed Çelebi (1720-1721) et celle de son fils Said Efendi (1741), les débuts timides de l’imprimerie du renégat İbrahim Müteferrika (1727-1742), les apports d’experts militaires occidentaux tels le comte de Bonneval (1730-1747) et le baron de Tott (1757-1763), les répercussions architecturales de l’adoption de formes baroques, comme dans le cas de la mosquée Nuruosmaniye (1748-1755), les premières représentations diplomatiques permanentes dans les principales capitales d’Europe, et nombre de publications techniques, tel le Traité du sextant de Feyzi Bey (1805). Un exemple se prête tout particulièrement à une lecture critique de la nature de cette nouvelle modernité, le Tableau des nouveaux règlements de l’Empire ottoman de Mahmud Raif Efendi (1798), publié au moment même où l’Empire se voyait confronté à un des événements les plus marquants et traumatisants de la période, l’expédition d’Égypte (1798), menée par un jeune général français du nom de Bonaparte.
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